Miranda


Par Laurent Poggi


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abriqués au Japon par Miranda Camera Co Ltd, les appareils-photo MIRANDA ont été commercialisés de 1954 à 1976. Robustes, ces appareils jouissaient alors d’une excellente réputation. Avec leur premier Reflex, le MIRANDA T, la marque a fait faire un bond en avant à l’industrie photographique japonaise — ce qui n’a pas empêché la faillite de la firme en 1976, suite à une banqueroute ayant atteint 3,6 milliards de Francs.

Miranda T

Depuis le premier MIRANDA T construit dès 1954, la marque a, jusqu’à sa disparition, commercialisé plus d’une vingtaine de modèles différents de Reflex parmi lesquels les fameux SENSOREX et SENSOMAT, qui se distinguaient des Reflex de l’époque par leur look particulier, avec des angles arrondis, un prisme interchangeable et une bague à la fois à vis et à baïonnette. Ces boitiers étaient alors complétés par des optiques de qualité.


Orion

Ogihara AKIRA (1920-1992) et Ōtsuka SHINTARO (1921-2005) ont été les deux fondateurs de la marque. Ingénieurs aéronautiques de l’Université Impériale de Tokyo, ils ont tous deux travaillé sur des turbines de réacteurs. À la fin de la guerre, Ogihara Akira a ouvert une petite boutique dans laquelle il réparait ou modifiait les appareils photo professionnels de l’époque. Il a modifié, entre-autres, des optiques afin que celles-ci puissent être adaptées à la monture 39 à vis de LEICA.

Miranda Auto Sensorex EE, et prisme de visée.

Ogihara Akira a ensuite été rejoint par Ōtsuka Shintarō et, en 1947. Ils ont fondé la société ORION SANGYO Y.K, dont le produit phare était un coupleur permettant d’adapter des optiques à monture CONTAX sur les LEICA à vis. Ils ont ensuite mis au point une chambre Reflex MIRAX, ainsi que des microscopes, puis un Folding 6x6 : le fameux ORION SIX. En 1954, ils ont développé un Réflex 35mm, le PHOENIX, mais ce nom étant déjà la propriété d’une firme allemande, ils lui donnèrent alors le nom de MIRANDA T. Ce fut le premier Reflex japonais à adopter le Pentaprisme.

En 1955, la firme a changé de nom pour devenir ORION CAMERA puis, deux ans plus tard, MIRANDA CAMERA K.K.

Miranda

Miranda DX 3

En 1963, la marque Japonaise s’est mise à concevoir ses propres objectifs, car hormis les optiques SUPREME de sa fabrication, elle se fournissait jusque-là chez d’autres fabricants, parmi lesquels la marque SOLIGOR, distribuée par l’américain ALLIED IMPEX qui importait MIRANDA aux USA. C’est ALLIED IMPEX qui a ensuite, progressivement, pris le contrôle de la marque nippone, laquelle a dû se déclarer en faillite dès 1976, après l’échec retentissant de leur dernier né, le MIRANDA DX-3 à obturateur électronique.



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